Le portrait d’Isabelle Bayle – Directrice des soins

Quel a été votre parcours ?

J’ai commencé  à travailler au centre hospitalier (CH) de Montbéliard en tant qu’infirmière en unité de soins intensifs orientation digestive et cardiaque pendant 5 ans. Puis, très rapidement, l’institut a voulu que j’intègre l’équipe en qualité de faisant fonction de cadre de santé. Je suis restée en fonction pendant un an et demi, conformément à la politique de l’établissement, avant de préparer le concours de cadre à l’institut de formation des cadres de santé (IFCS) de Nantes, en parallèle d’une licence en sciences de l’éducation à l’université d’Aix Marseille.

Après un temps en qualité de cadre de santé formateur à l’institut de Montbéliard, je suis arrivée dans un institut de formation à Saverne en Alsace, à la suite d’une mutation professionnelle de mon mari. J’ai pris un poste de coordinatrice pédagogique au niveau de l’institut de formation tout en continuant mon parcours universitaire avec un master 1 et 2 en ingénierie de la formation et des compétences. La démarche universitaire amène à réaliser des publications écrites (articles ou ouvrages) et orales. Dans ce contexte, j’ai donc donné plusieurs conférences sur le sol français et international.

En parallèle, ma chefferie me demandait depuis plusieurs années de devenir Directeur des soins (DS), mais je ne voyais pas comment mener cette démarche de front avec le doctorat. J’avais toujours eu à cœur de faire évoluer la profession, et les universitaires m’ont clairement signifiée que ce n’était pas faisable avec un simple parcours universitaire. Je devais devenir DS pour cela. J’ai donc intégré l’EHESP en 2017.

J’occupe actuellement un poste qui a récemment évolué : Je suis coordinatrice d’institut de formation au Centre hospitalier de Saverne, et également au Centre hospitalier de Sarrebourg, c’est devenu une direction commune où il y a également un Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), un Institut de formation d’aides-soignants (IFAS) et un pôle de formation continue.

Parallèlement, être docteur en sciences de l’éducation implique des obligations universitaires. Par exemple, sur l’université de Strasbourg, nous sommes en train de construire le département des sciences infirmières à la suite de la dissolution de la faculté de médecine. J’interviens ainsi dans différents masters, que ce soit le master des infirmières de pratique avancée ou dans le master en pédagogie des sciences de la santé. Dernièrement j’ai même été sollicitée par l’université de la Sorbonne sur l’université des patients.

Depuis 2017, j’ai  pris un poste de vice-présidente en charge de la recherche et de l’innovation au Comité d’entente des formations infirmières et cadre de santé (CEFIEC) qui m’a amenée à intégrer différents groupes ministériels au MESRI et des groupes de travail de la DGOS. J’ai donc, par ce biais, participé à la construction de parcours sup pour l’intégration des formations infirmières et d’une façon plus large des formations en santé. Depuis un an et demi, je fais également partie des experts qui participent au choix des dossiers d’expérimentation au niveau universitaire.

J’ai donc deux axes : un premier lié à mes fonctions de DS en institut de formation avec tous les partenariats que cela suppose, et un second en lien avec l’évolution professionnelle des métiers en santé en partenariat avec l’ARS, le conseil régional et l’université. Mon temps est donc divisé en deux : un temps en interne et un en externe avec les différents partenaires.

Pourquoi ce métier ?

Avant tout, je voulais faire évoluer la profession infirmière et plus largement les métiers du soin. Il faut une certaine légitimité pour être reconnu par ses pairs. J’ai toujours eu une vision d’anticipation et d’innovation, mais le statut de directeur des soins donne une portée plus importante à notre parole. Il y a une reconnaissance dans le monde professionnel, mais aussi à l’extérieur. Finalement ça permet d’avoir une place stratégique, de coordination avec différents partenaires, que ce soit la direction de l’hôpital, l’ARS, le conseil régional.

Puis il y a un côté management des équipes qui est fabuleux, participer au développement professionnel des agents et favoriser leur qualité de vie au travail. J’ai une attention particulière pour les apprenants, les étudiants ne peuvent pas être bien en formation si leurs encadrants ne sont pas bien dans leur métier. Cette qualité de vie au travail est très importante pour moi. On imagine souvent que les instituts de formations sont séparés du milieu professionnel mais ce n’est pas le cas. C’est en équipe qu’on avance, et cela, la crise sanitaire l’a bien mis en exergue : cette complémentarité entre l’hôpital et l’institut de formation, sans lequel il y aurait une perte.

Être directeur des soins permet aussi d’avoir des leviers pour solliciter Pôle emploi, la mission locale et d’autres partenaires en lien avec l’attractivité des métiers du soin.

C’est tout cela qui m’a amenée à m’engager dans ce parcours de DS.

Comment avez-vous connu le concours de directeur des soins ?

J’ai cherché par moi-même comment procéder, après les vives recommandations de ma direction de passer le concours de directeur des soins.

Afin d’avoir une présentation du métier, j’ai contacté des directeurs des soins pour échanger avec eux sur leurs pratiques et comprendre les attendus du métier. J’avais deux modèles de directeurs des soins au sein de l’institut de formation, mais je souhaitais ne pas seulement me cantonner à une pratique en institut. J’ai donc contacté des DS en gestion afin de découvrir ce côté-là également. In fine, si je m’étais vue proposer un poste en gestion à ma sortie de l’EHESP, je l’aurais pris car il y a de belles choses à construire sur le terrain.

Un directeur des soins est un révélateur de talents et il ne faut pas oublier de valoriser les professionnels pour les rendre visibles de l’extérieur

Pourquoi travailler dans le secteur public ?

J’ai commencé ma carrière dans le public. J’aurais eu des opportunités dans le privé, mais je me sens bien dans le public. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de me diriger vers le privé. Il y a des problématiques et de belles choses à construire partout mais l’état d’esprit et le fonctionnement du public me conviennent bien.

Découvrez le portrait d’autres professionnels, Directeur des soins en poste ou élèves : https://accompagner-cng.fr/directeur-des-soins/

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