La vie à l’hôpital : regards croisés au Centre hospitalier de Beauvais

Éric Guyader, directeur d’hôpital et docteur Thierry Ramaherison, urgentiste et président de la commission médicale d’établissement (PCME)


Comment pourriez-vous décrire vos missions au quotidien ?

Éric Guyader : En tant que directeur du centre hospitalier de Beauvais, établissement support du GHT Oise Ouest et Vexin, j’assume la responsabilité, au quotidien et sur un plan stratégique, de plusieurs établissements publics de santé. S’y ajoutent d’autres responsabilités liées à mes engagements en tant que vice-président de l’ANFH ou vice-président de la  FHF – Hauts de France. J’apprécie de porter, avec les équipes, un travail de réflexion sur l’organisation de la prise en charge au niveau de l’établissement et au niveau territorial. Plus le contexte est difficile, plus il faut faire preuve de créativité et de solidarité entre professionnels pour sécuriser l’accès aux soins et répondre aux enjeux de santé publique.

Dr Thierry Ramaherison : Outre mon métier d’urgentiste depuis les années 90, je suis responsable du SAMU de l’Oise et président de CME. Je poursuis mes interventions en SMUR pour ne pas être coupé de la réalité du terrain et j’enseigne au CESU (centre d’enseignement des soins d’urgence). En tant que PCME, je m’appuie sur une équipe de chefs de pôles et je vais parfois au contact pour comprendre les raisons d’un éventuel blocage afin de continuer à apporter le bon soin au patient. C’est d’ailleurs ce qui continue à m’animer. Je suis également passionné par les réflexions sur une meilleure prise en charge en région, en GHT ou au niveau du bassin de population.

Comment se formalise votre travail commun ?

E.G. : Nous sommes quotidiennement en contact. Cet échange crée une véritable proximité d’analyse et de compréhension. Nos regards complémentaires sur une situation favorisent l’élaboration d’une position institutionnelle que nous défendons à deux.

Dr T. R. : Nous échangeons de manière très libre sur le fonctionnement de l’hôpital, du GHT, mais aussi sur des projets et des points de vigilance. Ainsi, lors du déclenchement de la crise Covid, alors que l’Oise était l’un des premiers départements touchés, nous avons monté des cellules de crise quotidiennes et avons mené des points réguliers avec nos homologues du département et de la région, ce qui a renforcé nos relations.

Comment attirer de nouveaux talents vers la fonction publique hospitalière ?

E.G. : Nous exerçons un métier passionnant car nous sommes au cœur des enjeux et tensions de la société. Il faut être prêt à y faire face mais nous avons entre les mains, des leviers qui nous aident à soulager un certain nombre de maux. Étant donné que l’essentiel de notre métier est fondé sur l’humain, on ne peut pas s’ennuyer. Même si c’est parfois difficile, on a la chance d’œuvrer dans un domaine, celui de la santé, dont les enjeux sont considérables et dans lequel notre action au quotidien génère des impacts concrets sur l’accès et la qualité des soins. L’épidémie de COVID en a été la parfaite illustration.

Dr T. R. : Travailler à l’hôpital, c’est être animé par l’envie de soigner tous les patients sans distinction, avec le même niveau, quel que soit leur âge ou leur condition. Certains métiers n’existent qu’à l’hôpital comme ceux autour des soins critiques. Quant aux autres spécialités, le fait de travailler en équipe, de bénéficier de matériels modernes pour de la médecine de qualité, pour faire de la recherche, … ce sont autant d’atouts de l’hôpital public.

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